6/24/2017

L’EGLISE ET LA FRANC MACONNERIE Explication d’un malentendu.




Il convient préalablement de prendre acte de ce que la Franc Maçonnerie ne se trouve plus soumise aux dispositions de l’ancien code qui énonçait en son canon 2335 :  « Ceux qui donnent leur nom à une secte maçonnique ou à d’autres associations du même genre qui complotent contre l’Église ou les pouvoirs civils légitimes, contractent par le fait même une excommunication simplement réservée au Siège apostolique. », lorsque le nouveau code en date de 1983, expose en son canon 1374 : « Qui s’inscrit à une association qui conspire contre l’Église sera puni d’une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d’interdit. »

La question ainsi posée pour savoir si Les francs-maçons succombent de fait à une juste peine pouvant aller jusqu’à l’interdit, dépend du dessein personnel ou non de conspirer contre l’Eglise.

Dès los que ce projet est inexistant, la sanction ou déjà même la mise en garde ne saurait avoir de portée, il échet de ne pas l’oublier.

I
Beaucoup hausseront les épaules en déclarant que l’Eglise hâtivement et sans circonspection a condamné sans éléments probants par avance la Franc Maçonnerie.

L’histoire des condamnations Papales est de nature à expliquer la position choisie, dès lors que l’on prête attention à la date même de la première condamnation en n’oubliant pas ce que fut et voulut être la révolution préparée par Anderson.

II
N’en déplaise à certains historiens contemporains, la franc-maçonnerie n’a pas commencé au 18° siècle, mais connut à cette époque une transformation par le canal des Constitutions du pasteur qui s’opposait non seulement à Rome mais à ce qu’avait été jusqu’alors la maçonnerie, une association de chrétiens, très précisément de  catholiques, maçons opératifs fidèles au bon travail et fiers de leurs outils, invoquant la Très Sainte Vierge, la Très Sainte Trinité, rendant gloire à Dieu en leurs prières et se rendant à la messe (1).

Au titre des Devoirs des vrais Maçons, il convient de citer ce que précisent les textes antérieurs à Anderson, dans le cadre des manuscrits conservés quant aux acclamations, et à l’esprit des prières :

 Le Ms REGIUS   déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »
« Prions Dieu, roi tout-puissant et sa mère immaculée Marie que nous gardions ces règlements et ces points, à l'exemple des quatre martyrs renommés, qui furent bons maçons, sculpteurs et imagiers. »
Le   Ms COOKE (ca 1400)    déclare : « Celui qui veut embrasser ce métier doit aimer Dieu et la sainte Église, et aussi le maître chez qui il vit, où qu'il aille, par champs et bois ; et il aimera ses compagnons, ainsi le veut le métier. »
Le  Ms Grand Lodge (1583)  place les maçons sous la  puissance de la T. S. Trinité « Que la puissance du Père du ciel, et la sagesse du Fils glorieux, par la grâce et la bonté du Saint Esprit, qui sont trois personnes en un seul Dieu, soient avec nous à notre commencement, et nous donnent la grâce de nous gouverner ici dans notre vie de telle sorte que nous puissions parvenir à Sa béatitude qui n’aura jamais de fin. Amen. »
 Le  Ms WATSON (1687) rend grâce à Dieu : « Grâces soient rendues à Dieu, notre Père glorieux, créateur du ciel et de la terre, et de toutes les choses qui y sont … »

Le Ms DUMFRIES (1710)  place les maçons sous la Sainte Trinité  et  demande qu’Elle les guide vers le Royaume : « Que le Père tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons, soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura pas de fin. Amen.
Bons frères et compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut créé cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils souhaitaient être récompensés. »

>>> De ce qui précède, il convient d’en prendre acte.

C’est la révolution Andersonienne qui, par « la main mise » des Protestants, « acceptés » en trop grand nombre par les maçons opératifs et catholiques, qui sera à l’origine de cette absence et de Christianisme et de « féalité » à la Sainte Eglise.

Il échet de noter que jamais alors l’Eglise ne s’est opposée à la Franc- Maçonnerie, le premier texte s’opposant à celle-ci, date  de 1738…


Or, c’est en 1723 que le pasteur ANDERSON rédige et publie ses fameuses Constitutions qui en leur première version s’opposent à Rome  : L’article 6 § 2  De la conduite à tenir, (pour un FM) est fort explicite, lorsque notre pasteur, s’opposant à l’Eglise, déclare quant à l’interdiction dans les Loges d’évoquer la religion, la Nation, la politique de l’Etat : « Cette obligation de toujours a été strictement enjointe et observée, mais particulièrement depuis la Réforme en Grande Bretagne vu la séparation et la sécession de ces Nations de la communion de Rome. »
Gommé l’est, le Devoir de Religion au sens religieux même sinon sacré, lorsque ledit pasteur énonce cette contre-vérité en la version I des Constitutions (1723) : «« Un maçon est obligé, par son engagement, à obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux.  Mais quoique dans les temps anciens, les Maçons fussent obligés, dans chaque pays d’être de la religion de ce pays ou nation, qu’elle qu’elle fût, aujourd’hui, il a été considéré plus commode de les restreindre seulement à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions, c’est-à-dire d’être des hommes de bien et loyaux ou des hommes d’honneur et de probité quelles que soient les dénominations ou croyances religieuses qui aident à les distinguer, par suite de quoi, la maçonnerie devient le Centre de l’Union… »
Contre-vérité, parce que les Francs-Maçons avant le projet Protestant d’Anderson, étaient Catholiques et Romains, au Moyen Age notamment, il n’y avait pas de Protestantisme, La religion n’était pas celle du pays, c’était la religion Catholique Apostolique et Romaine, ainsi que le rappellent les  « Règles et Devoirs de l'Ordre des Francs-Maçons du Royaume de France » selon la version française la plus ancienne des Anciens Devoirs, datant de 1735 remises en novembre 1737 au baron de Scheffer à l'effet de constituer des Loges dans le Royaume de Suède : « « Un Franc-Maçon est obligé par son état de se conformer à la Morale et, s'il entend bien l'Art, il ne sera jamais un athée, ni un libertin sans religion. Dans les siècles passés, les Francs-Maçons étaient obligés de professer la reli­gion catholique, mais depuis quelque temps, on n'examine pas sur cela leurs sentiments particu­liers, pourvu toutefois qu'ils soient chrétiens, fidèles à leur promesse, et gens d'honneur et de probité. »
Le projet de notre pasteur en sa révolution par ses Constitutions, contre les  bases de l’Ancienne Maçonnerie,  réside notamment dans la volonté de replacer Dieu, la Très Sainte Trinité, l’invocation de la Mère de Dieu, par le terme Grand Architecte de l’Univers, lorsqu’il semblerait que la construction de ce mot provienne de Calvin qui pour définir Dieu, en son : Institution de la religion Chrétienne    (1552) use des termes Grand Architecte et Architecte de l’Univers)
Devoir est de s’interroger pour savoir si dans l’esprit d’Anderson le GADLU est synonyme de Dieu ou de tout autre chose.
Il convient de pareille manière de s’interroger sue le sens que notre Pasteur donne aux mots « athée stupide » ou « stupide athée » étant observé que la formulation choisie en la langue anglaise originelle, permet les deux lectures, l’admission dès lors de l’athéisme n’étant pas impossible si la formulation de la libre pensée n’est pas exprimée de manière stupide …)
Ces faits seront générateurs de  l’annonce de l’Etre Suprême, d’où découle l’idée d’une religion naturelle  par opposition à une religion révélée : Le Déisme s’oppose au Théisme  et l’annonce du Rapport sur les idées religieuses et morales prononcé à la tribune de la Convention par ROBESPIERRE le 7 mai 1794 : « L’idée de l’Etre suprême et de l’immortalité de l’âme est un rappel continuel à la justice ; elle donc sociale et républicaine. » sera repris au mieux par la Franc- Maçonnerie Andersonienne lorsqu’elle se prétend spiritualiste, tout en usant souventes fois de l’acclamation : « Liberté Egalité Fraternité » …


II
Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que très vite l’Eglise Romaine réagira pour mettre en garde ses fidèles contre cette «nouvelle maçonnerie » Protestante, hostile  à Rome au point de retirer toute référence  claire et précise à Dieu.
Le 28 avril 1738, Clément XII commence sa Bulle In eminenti par ces termes :

« Élevé par la divine Providence au plus haut degré de l'apostolat, tout indigne que Nous en sommes, selon le devoir de la surveillance pastorale qui Nous est confiée, Nous avons, constamment secouru par la grâce divine, porté notre attention avec tout le zèle de notre sollicitude, sur ce qui, en fermant l'entrée aux erreurs et aux vices, peut servir à conserver avant tout l'intégrité de la religion orthodoxe, et à bannir du monde catholique, dans ces temps si difficiles, les risques de troubles  Nous avons appris, par la rumeur publique, qu'il se répand à l'étranger, faisant chaque jour de nouveaux progrès, certaines sociétés, assemblées, réunions, agrégations ou conventicules, appelés communément du nom de Francs-Maçons ou d'autres noms selon la variété des langues, dans lesquels des hommes de toute religion et de toute secte, affectant une apparence d'honnêteté naturelle, se lient entre eux par un pacte aussi étroit qu'impénétrable, d'après des lois et des statuts qu'ils se sont faits, et s'engagent par serment prêté sur la Bible, et sous les peines les plus graves, à couvrir d'un silence inviolable tout ce qu'ils font dans l'obscurité du secret. »

Le problème posé n’est pas celui du secret, mais l’obscurité de ce dernier, à savoir par ce retrait  de l’Eglise pour les personnes acceptant d’entrer dans les loges, le risque sinon la conséquence de se couper et finalement s’opposer au Salut proposé par le Vicaire du Christ, ainsi Clément XII poursuit-il en ces termes :
« C'est pourquoi, Nous, réfléchissant sur les grands maux qui résultent ordinairement de ces sortes de sociétés ou conventicules, non seulement pour la tranquillité des États temporels, mais encore pour le salut des âmes, et voyant que par là elles ne peuvent nullement s'accorder avec les lois civiles et canoniques; et comme les oracles divins Nous font un devoir de veiller nuit et jour en fidèle et prudent serviteur de la famille du Seigneur pour que ce genre d'hommes, tels des voleurs, ne percent la maison, et tels des renards, ne travaillent à démolir la vigne, ne pervertissent le cœur des simples et ne le transpercent dans le secret de leurs dards envenimés; pour fermer la voie très large qui de là pourrait s'ouvrir aux iniquités qui se commettraient impunément, et pour d'autres causes justes et raisonnables de Nous connues. »

D’Anderson, l’opposition à Rome est probante, Clément XII avait-il tort d’émettre ainsi des réserves ? Pasteur prudent, cette Bulle nous paraît une réponse aux Constitutions voulant réformer la Franc- Maçonnerie, modifier l’Ancienne Maçonnerie elle,  fidèle à l’Eglise et croyant en Dieu.

III

ANDERSON ne remportera pas si facilement sa victoire contre l’Ancienne Maçonnerie.

Face à ce que l’on peut nommer « la Révolution Andersonienne », la Franc-Maçonnerie de Tradition réagira selon deux voies :

La maintenance dans les Rituels proclamant  la Foi en Dieu
La création de nouveaux Rites, à savoir les Rites Egyptiens d’une part, le Rite Ecossais Rectifié d’autre part.
Le Manuscrit GRAHAM    (1726) expose :
Qu'est-ce qu'une loge parfaite ?
-Le centre d'un cœur sincère.
-Mais combien de Maçons sont-ils appelés ainsi ?
-N'importe quel nombre impair de 3 à 13.
-Pourquoi faire tant d'embarras et pourquoi toujours des nombres impairs ?
-Par référence à la Sainte Trinité, à l'avènement du Christ et à ses douze apôtres.
-Quel fut le premier pas de votre entrée ?
-Un fort désir de connaître les secrets de la Franc- Maçonnerie.
- Pourquoi fut-elle appelée Franc- Maçonnerie ?
-Premièrement parce que c'est un franc (libre) don de Dieu aux fils des hommes, deuxièmement parce qu'elle est franche de l'intrusion des esprits infernaux, troisièmement parce qu'elle est une franche union des frères de ce saint secret qui doit durer à jamais. »

La confession d’un Maçon (extrait d’un journal écossais The Scots Magazine)  (1727) déclare ; « Comme je répondrai devant Dieu au grand jour, et devant cette compagnie, je garderai et cacherai, ou ne divulguerai ni ne ferai connaître les secrets du mot du Maçon, sous peine d’avoir la langue arrachée de sous mes mâchoires, et mon cœur arraché de sous mon aisselle gauche, et mon corps enseveli sous la limite des marrées hautes, là où la mer descend et monte deux fois en vingt-quatre heures. »
 Les Devoirs de tous les FM, extraits des anciens registres des Loges, à l’usage de celles de France et de celles qui lui sont subordonnées, lesquels doivent être lus à la réception d’un Frère et lorsque le Maître de la Loge le jugera à propos    (1732) précisent :
« Un Franc- Maçon est obligé par son Etat de se conformer à la Morale, et s’il entend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée, ni un Libertin sans religion. Dans les siècles passés les Francs- Maçons étaient obligés de confesser la Religion Catholique, mais depuis quelque temps on n’examine pas sur cela leurs sentiments particuliers, pourvu toutefois qu’ils soient Chrétiens, fidèles à leur promesse et gens d’honneur et de probité, de quelque manière qu’ils puissent être distingués d’ailleurs, par ce moyen la Maçonnerie devient le Centre et l’Union d’une vraie amitié entre des personnes qui sans ce doux nœud seraient pour toujours éloignées et séparées les unes des autres. »
Anderson reconnaîtra finalement que les Maçons étaient Chrétiens et use du mot, mais, sans plus.
Ainsi dans la version II des Constitutions (1738), il écrit :   « Un Maçon est obligé de par sa Tenure, d’observer la Loi Morale, en tant que véritable Noachide et s’il comprend bien le Métier, il ne sera jamais Athée stupide, ni Libertin irréligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps ancien, les Maçons Chrétiens étaient tenus de se conformer aux Coutumes chrétiennes de chaque Pays où ils voyageaient ou travaillaient :  Mais la Maçonnerie existant dans toutes les Nations, même de Religions diverses, ils sont maintenant seulement tenus d’adhérer à cette Religion sur laquelle tous les Hommes sont d’accord (laissant à chaque Frère ses propres opinions), c’est-à-dire, d’être Hommes de Bien et Loyaux, Hommes d’Honneur et de Probité, quels que soient les Noms, Religions ou Confessions qui aident à les distinguer : Car tous s’accordent sur les trois grands articles de Noë, assez pour préserver le Ciment de la Loge. Ainsi la Maçonnerie est le Centre de leur Union et l‘heureux Moyen de concilier des Personnes  qui autrement n’auraient pu que  rester perpétuellement Etrangères. »
A la suite de la version I de 1723, provoquant en 1736 une Bulle émanant du Pape de Rome, vu de surcroît l’opposition de la Maçonnerie de Tradition par cette tentative révolutionnaire et Protestante, en sa nouvelle version des Constitutions, Anderson finira par reconnaître en 1738 que les maçons étaient Chrétiens.


De semblable façon de nouveaux Rites apparaissent pour confirmer la maintenance de cette Foi en Dieu, en Dieu révélé par opposition au choix du terme GADLU autorisant toutes les qualifications.

L’ouverture de la loge Egyptienne au 1° degré, dans le cadre des Rites de Cagliostro se fait de la façon suivant :
Le Vénérable ayant pris sa place, le plus grand silence doit être observé. Il est défendu de se moucher et à plus forte raison de parler.
Lorsque le Vénérable se lèvera, tous se lèveront en même temps ; il aura [le glaive] à la main droite, qu'il ne quittera jamais tant qu'il parlera.
Il dira : « A l'ordre, mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge selon le Rite et les Constitutions du Grand Cophte, notre fondateur. »
II descendra de son trône et à sept pas de la dernière marche, il se trouvera en face du Triangle renfermant le Nom de Dieu et il dira : « Mes Frères, prosternez- vous ainsi que moi, pour supplier la Divinité de me protéger et de m'assister dans les travaux que nous allons entreprendre. »
La prière intérieure étant achevée, le Vénérable frappera de la main droite sur le Plancher, pour annoncer à tous les frères qu'ils peuvent se relever.

 Autre exemple à l’occasion de l’élévation au 2° degré, l’ouverture de la loge se fait de la façon suivante :

Lorsque le Vénérable Maître se lèvera, les Maîtres se lèveront également. Il aura le glaive à la main droite et dira : « À l'ordre mes Frères. Au nom du Grand Dieu, ouvrons la Loge suivant le Rite et les Constitutions du Grand Cophte. »
Le reste des frères s'inclinera profondément ainsi que les douze Maîtres pour adorer la Divinité.
Le Vénérable Maître en particulier l'implorera pour obtenir Pouvoir, Force et Sagesse ; chacun en son cœur prononcera l'hymne : « Veni Creator Spiritus. »

A l’ouverture de la Loge au 1er degré dans le Rite de Misraïm (1820), le Vénérable dira cette prière :

« Suprême Architecte des Mondes, Source de toutes les perfections et de toutes les vertus, âme de l'univers que Tu remplis de ta gloire et de tes bienfaits, nous adorons Ta majesté suprême, nous nous humilions devant Ta sagesse infinie qui créa tout et qui conserve tout. Daigne, Être des Êtres, recevoir nos prières et l'hommage de notre amour, bénis nos travaux et rends-les conformes à Ta Loi, éclaire-les de Ta lumière divine, qu'ils n'aient d'autres buts que la gloire de Ton Nom, la prospérité de l'ordre et le bien de l'humanité. Unis les hommes que l'intérêt et les préjugés divisent, écarte le bandeau de l'erreur qui obscurcit leurs yeux, et que, ramené à la vérité par la philosophie, le genre humain ne présente qu'un peuple de Frères qui T'offrent de toute part un encens pur et digne de Toi. »

Le Suprême Architecte des mondes n’est pas l’Etre Suprême de l’époque Révolutionnaire : Il est DIEU :

Aussi, le Vénérable avant que les FF ne se séparent dira cette prière :

«Père de l'Univers, Source éternelle et fécondé de lumière, de science, de vertu et de bonheur, pleins de reconnaissance pour Ta bonté infinie, les ouvriers de ce temple Te rendent mille actions de grâces et rapportent à Toi tout dé qu'ils ont fait de bon, d'utile et de glorieux dans cette journée solennelle où ils ont vu s'accroître le nombre de leurs frères : continue de protéger leurs travaux et dirige-les de plus en plus vers la perfection; que l'harmonie et la concorde soient à jamais lé triple ciment qui les unit! Alléluia! Alléluia! Alléluia! »

La Franc-Maçonnerie, en général,  n’adhérera pas rapidement à la Révolution du pasteur Anderson, elle succombera vers la fin du XIX° siècle, lorsque des Rites et des Régimes demeureront encore fidèles aux Anciens Devoirs.

Ainsi, en les Devoirs Généraux des Anciens Francs- Maçons Libres et Acceptés   (1840), est-il bien précisé : « Le vrai maç. adore Dieu, l’auteur et le conservateur de toutes choses, et remplit fidèlement les devoirs que sa religion lui impose, sans être intolérant envers ceux qui en professent une autre. .. »

Le Rite Ecossais Rectifié déclare pour sa part être Chrétien, mais ses degrés symboliques se rattachent à l’Ancienne Alliance et si des degrés intermédiaires relèvent de la Nouvelle Alliance, les imprécisions, la nostalgie de J-B Willermoz pour ses débuts maçonniques  dans le système de Martinez de Pasqually, conduiront le Régime dans le cadre de son Ordre Intérieur à privilégier ce qui relève de l’Ancienne Alliance.


De semblable façon, à la suite de la seconde partie du 20° siècle, les Rites Egyptiens se ceindront selon trois voies : les Ordres fidèles à la Tradition du Rite comme Constant CHEVILLON et les mainteneurs de sa filiation privilégiant la prière et la spiritualité Chrétienne,  les Ordres qui pensèrent pouvoir comprendre les Rites originels comme prétexte et invitation à des pratiques « magico-alchimiques », les ordre qui se rattachèrent à la pensée a-dogmatique et libérale prônée par le pasteur Anderson.

IV
Force est de constater que la Franc-Maçonnerie comme lieu d’hostilité à Rome relève d’un malentendu qu’il serait temps de lever.

La Franc-Maçonnerie n’a pas cherché à renverser les autels, seul un pasteur infidèle à la Tradition des Anciens Devoirs, s’est opposé, parce que Protestant, à Rome. S’il finira par être suivi par beaucoup de Loges et d’Ordres, ces derniers infidèles eux aussi aux Anciens Devoirs, ne sauraient représenter la Maçonnerie de Tradition.

Toutefois, si conformément à son engagement, le Franc-Maçon considère tous les êtres comme ses frères, alors il participera consciemment ou non, par la Fraternité,  à cette Communion des Saints, qui fait que répondant au précepte de la II Epître de Pierre III, 12, par ses bonnes actions et ses prières, il hâtera l’avènement du Jour de Dieu, alors, comme le souligne Origène en son explication du Notre Père, « si sa (celle de Dieu) volonté est faite sur la terre comme elle l’est au ciel, tous nous serons ciel »

Cette récapitulation de toutes choses en Dieu, fera que le temple terrestre symboliquement évoqué dans les Rituels, se dédoublera en Temple spirituel, cet Orient qui est la quête de la vraie Maçonnerie.


Jean-Pierre BONNEROT

Sources : www.ordre-de-lyon.eu, Cahier de l’Herne : La FM documents fondateurs. Jean FERRE : Histoire de la FM par les textes.  Henri-Félix MARCY : Essai sur l’origine de la FM et l’histoire du GOF tome1. Archives privées.

5/12/2017

la main gauche du Seigneur


A propos d’un domaine souvent  évoqué, le Mystère de la Grâce,   je vous propose ce film découvert en son temps  lors de  « La dernière séance » émission proposée  il y a des lustres par Eddy Mitchell  et je retrouvais avec internet  ce film : la main gauche du Seigneur. 




5/10/2017

Les Devoirs de l'homme envers la Création



ORDRE DE LYON

ORDRE MACONNIQUE RETABLI DE MEMPHIS ET MISRAIM

Souverain Sanctuaire de Béthanie

R :.  L:.  LA SAGESSE TRIOMPHANTE
Loge de recherche sur les Rites Egyptiens

Les Devoirs de l’homme envers la Création

Mes Bien Aimés Frères,

I L’homme devait garder et cultiver le Jardin d’Eden.
>>>  Alors que l’homme devait contrôler la nature (Gen. II, 15 et 18-21),  par  sa chute, l’homme a accepté d’être  dépendant d’elle. (Gen. III, 18-21).

Ce Devoir, répondait à une Loi :
« Nous avons été créés pour recevoir un bienfait ; nous avons reçu ce bienfait, après avoir été créés. Le paradis fut confié à notre fidélité, pour que nous en jouissions. Il nous a été donné un commandement, afin que, en le gardant, nous puissions acquérir la gloire. Non que Dieu ignorât l’avenir, mais il voulait soumettre notre libre  arbitre à une loi. » Grégoire de Nazianze  Discours 45 Pour la sainte Pâque. (Coll. Les écrits des saints. Ed du soleil levant, Homélies, textes choisis, page 160).
>>> Grégoire évoque la gloire qu’il nous fallait acquérir en respectant la Loi de Dieu et que notre prévarication  nous empêcha d’obtenir.
>>> A Gethsémani NSJ+C confirme à  Son Père : «Oui, je leur ai donné, moi la gloire que tu m'as donnée : qu'ils soient un comme nous sommes un » (Jean XVII, 22)
Par la Résurrection, l’homme étant dégagé de la Chute, il n’a plus aucun motif pour prétendre ne pas pouvoir acquérir cette Gloire  qui le fera UN avec la TS Trinité.
II Rendre hommage à Dieu et proclamer Sa Gloire

20 Les Devoirs de l’homme envers son Prochain :
Rappel sur la Prière et les bonnes actions 

21 les Devoirs de l’homme envers qui a refusé sciemment de rendre hommage :
 - la question des anges en état de chute au motif :
Pour Justin le commerce des anges avec les filles de l’homme (2 Apol. V, 2) : « Il (Dieu)  a confié le soin de veiller sur les hommes et sur les créatures qui sont sous le ciel aux anges qu'il a mis à leur tête. Mais les anges, violant cet ordre, ont cherché le commerce des femmes et ont engendré des enfants que nous appelons les démons. » >>> Gen. VI, 1-3 « Il (Noé) vécut dans le temps que les hommes commencèrent à être nombreux sur la terre, et que des filles leur étaient nées. Or, les fils de Dieu, ayant vu que les filles des hommes étaient belles, prirent pour femmes, parmi toutes, celles dont ils firent choix. »

Pour Irénée, l’envie et la jalousie, se référant à  Sagesse II, 24 « Mais la mort est entrée dans le monde par l’envie du démon »   Irénée déclare : « L'homme n'observa pas ce commandement mais il désobéit à Dieu, égaré par l'ange. Celui-ci voyant les nombreuses faveurs que l'homme avait reçues de Dieu, lui porta envie et en fut jaloux. Il se perdit lui-même et fit tomber l'homme dans le péché, en le persuadant de violer le commandement de Dieu. » (Démonst.  16)
          
Pour Origène, c’est l’orgueil selon la lecture d’Isaïe XIV, 12-16 : « Comment es-tu tombé du ciel, Astre brillant, Fils de l'Aurore ? Comment as-tu été précipité à terre, toi qui réduisais les nations,  toi qui disais : " Je monterai dans les cieux, je hausserai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je siégerai sur la montagne de l'assemblée divine à l'extrême nord,] je monterai au sommet des nuages, je serai comme le Très-Haut. "  Mais tu as dû descendre dans le séjour des morts au plus profond de la Fosse. » Ainsi le Père des Pères s’interroge : « Comment est-il tombé du ciel, Lucifer, celui qui se levait à l'aurore ? Il a été brisé et abattu sur terre, celui qui attaquait toutes les nations. Tu as dit dans ton cœur: Je monterai au ciel, au-dessus des étoiles du ciel je placerai mon trône, je siégerai sur un mont plus haut que toutes les montagnes les plus élevées qui sont au nord, je monterai sur les nuées, je serai semblable au Très-Haut. Maintenant, au contraire, tu seras plongé dans l'Hadès et dans les profondeurs de la terre »  (Traité des  Princ. I, 5, 5)
L’orgueil sera la thèse reprise par l’Eglise Byzantine, ainsi que par Eusèbe e Césarée, St Hilaire de Poitiers, St Ambroise, St Jérôme, sans oublier, St Augustin.
Pour Denys, c’est l’amour   « Les démons eux-mêmes ne sont pas mauvais par nature. Autrement, ils n'auraient pas le bien suprême pour créateur, ni un rang parmi les êtres, et naturellement et toujours dans le mal, ils n'eussent jamais pu déchoir du bien. »  Le Père ajoute, ce point qui sera examiné plus loin : « Les démons eux-mêmes ne sont pas mauvais par nature. Autrement, ils n'auraient pas le bien suprême pour créateur, ni un rang parmi les êtres, et naturellement et toujours dans le mal, ils n'eussent jamais pu déchoir du bien. » (Des noms divins IV, 23)
Et Thomas d’Aquin de répondre à l’article IV de la Question  63 : « Y a-t-il des démons qui soient naturellement mauvais ? » en conclusion : « Ils ne peuvent donc être mauvais naturellement. »
Le motif qui préside à cette chute réside dans l’Amour au sens où il y a chez l’Ange, le désir d’être « comme Dieu », mais ce « comme »,  selon Thomas d’Aquin peut s’entendre de deux manières : « Sans aucun doute l'ange a péché en désirant être comme Dieu. Mais cela peut s'entendre d'une double manière: soit par égalité, soit par similitude. De la première manière, l'ange n'a pu désirer être comme Dieu, car il savait, de connaissance naturelle, que c'était impossible » Plus loin le Docteur Angélique poursuit : « Quant à désirer être comme Dieu par similitude, cela peut se produire de deux façons. Premièrement, quand un être désire avec Dieu la similitude à laquelle l'ordonne sa nature. En ce sens, il ne pèche pas, à condition toutefois que ce désir soit dans l'ordre, c'est-à-dire l'incline à recevoir de Dieu cette similitude. » (Id, art III, concl.)

-         La question de la rédemption des anges chutés
210 Les motifs de la chute ce certains anges n’est pas ce qui importera présentement d’examiner, mais n’avons –nous pas un prétexte pour nous demander s’il ne reviendrait pas à l’homme d’amener les anges chutés à revenir à Dieu ?
>>> L’humilité et l’orgueil : voilà peut-être le double Mystère attaché aux conditions de la rédemption de ces anges, dont l’Ecriture nous dit que « Dieu n’a pas fait la mort. » (Sag. I, 13), mais si la mort est la conséquence du péché pour l’homme, cette situation n’appartient  pas au projet de Dieu qui invite toutes ses créatures à un même salut car « Il délivrera même celui qui n'est pas innocent ; oui, celui-ci sera délivré par la pureté de tes mains » (Job, XXII, 30)
Or,  le sentiment d’indignité  qui constitue dans une mauvaise humilité une forme  d’orgueil, fut ressenti  par des Mystiques, ainsi  à Sœur Josépha Ménendez   le Christ déclare : « « Ah! Judas! Pourquoi ne viens-tu pas te jeter à mes Pieds, afin que Je te pardonne aussi?... Si tu n'oses t'approcher de Moi, par crainte de ceux qui M'entourent avec tant de fureur, du moins, regarde-Moi ! ... et tu rencontreras aussitôt mes Yeux qui sont fixés sur toi! »
En un autre instant le Christ déclare encore à la Mystique : «        « Âmes que J'avais choisies, croyez-vous en suivant vos goûts, Me donner la gloire que J'attendais de Vous?... croyez-vous faire ma Volonté en résistant à ma Grâce qui vous appelle à cette voie que votre orgueil repousse? » (Un appel à l’Amour, § Du couronnement d’épines au désespoir de Judas, 22-25  mars 1923)

Qu’il nous soit permis de citer Péladan par cet extrait d’un dialogue entre Bêlit, héroïne du roman Un cœur en peine et Satan :
« "Bêlit : Alors seras-tu pardonné ?
"Sathan : Le dernier puisque je suis le plus coupable.
"Bêlit : Ton châtiment on l'enseigne éternel.
"Sathan : Manichéenne. Crois-tu à un principe du mal ? Quand je suis tombé je n’étais que le plus élevé des rapports ; or le plus grand relatif ne peut pas entraîner une conséquence d'absolu. J'ai voulu réaliser l'idéal divin : je suis puni jusqu'à dépendre de l'imagination humaine."

>>> Le plus grand relatif, ne peut pas entraîner une conséquence d’absolu.

Les Pères de l’Eglise Byzantine  n’élaborèrent pour leur part aucune théorie  en matière d’eschatologie,  et ignorent  les notions d’enfer, de purgatoire, chères à la pensée Légaliste du monde Latin.

Il me sera sans doute fait grief d’associer le sort de l’homme à celui des anges chutés quant au principe de leur rédemption,  c’est une lecture particulière des Ecritures faite par les Pères qui distinguera les raisons présentées pour cette différence selon cette pensée de Jean DAMASCENE : « Ce que la mort est pour les hommes, la chute l'est pour les anges, car après la chute il n'y a pour eux pas de conversion ni pour les hommes après la mort. » (Foi Orth.  II, 4)

En fait, comment les Pères et la Tradition de l’Eglise envisagèrent-ils que le salut serait impossible pour les anges chutés ? Parce que l’immortalité est prise en compte pour  l’ange créé immortel, alors que l’homme connaît lui la mort et la temporalité.
Cette approche est contraire à la réflexion théologique, outre que l’exégèse biblique permet une autre lecture de cette vision.
En effet, Dieu est Le Créateur de l’Univers (Eph.  III, 9), qui a créé toutes choses (Apoc. IV, 11) et les anges sont donc aussi créés, tout comme l’homme.

N’oublions pas en ouvrant une parenthèse, que l’œuvre des six jours, cette Création confiée à Adam, s’est établie à partir des eaux qui étaient en-dessous de l’étendue séparant les eaux supérieures des eaux inférieures à la suite du 2° Jour.

A l’issue de sa chute, l’homme sera condamné à la temporalité manifestée par la mort, pourquoi en serait-il autrement pour l’ange dans sa propre chute ?  Avant la chute adamique, l’homme n’a pas de corporéité et ne devait pas connaître la mort et donc il était originellement, tout comme l’ange, immortel.

L’affirmation d’une condamnation  sans pardon, des anges chutés, résulte d’une exégèse biblique dans la lecture de l’Apocalypse XX , 10 :  « Et le diable, leur séducteur, fut précipité dans l'étang de feu et de soufre, auprès de la bête et du faux prophète. Et ils souffriront des tourments jour et nuit aux siècles des siècles. »

Mais quel est cet étang de feu ? « L'étang de feu, voilà la seconde mort !
 Et quiconque ne fut pas trouvé inscrit dans le livre de vie fut précipité dans l'étang de feu. » (Apoc. XX, 14, 15), et ne prépare-t-il pas à la seconde résurrection, attend u qu’il en est une première  comme l’indique le Voyant : « Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection. Sur eux la seconde mort n'a pas d'emprise » (Apoc. XX, 6)

Il ne pourra nous être reproché  une exégèse qualifiée d’hérétique, le problème posé est de savoir si l’Amour de Dieu peut provoquer une condamnation définitive, ce qui serait un manquement à l’infini de l’Amour Divin.

Dès lors, au titre des Devoirs de l’homme envers la Création, au niveau de la Chute des anges, quant au salut auquel toute créature est appelé, entendons cette réponse de Péladan  à l’égard de ceux que l’on appelle démons : «"Il serait temps non pas de les prier, la droite de Dieu les a marqués, mais de prier pour eux ; la droite de Dieu ne s'étend jamais, pour barrer la charité." (Istar, p. 36)

 22  Les Devoirs de l’homme envers la Nature qu’il entraînait dans sa chute

Rappelons-le, alors que l’homme devait contrôler la nature (Gen. II, 15 et 18-21),  par  sa chute, l’homme a accepté d’être  dépendant d’elle. (Gen. III, 18-21).
Une question fondamentale a hanté les Pères, dans la conscience que l’homme avait entraîné dans sa chute la Nature, face à cette responsabilité, de quelle manière l’homme pouvait-il agir pour réparer sa faute ?
Cela n’incombait pas au Christ qui à Gethsémani précise bien qu’il ne prie pas pour le monde : « Et moi, je te prie pour eux. Je ne te prie pas pour le monde ; mais pour ceux que tu m'as données »  (Jean XVII, 9)
Une critique de l’idée selon laquelle le Christ ne n’aurait pas vaincu ou sauvé le monde, pour venir contredire note lecture de Jean XVII,  9, peut par exemple être exprimée par cette parole du Sauveur : « En ce monde vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. »  (Jean XVI, 33)
Notre méditation de cette année porte sur  La  Prière Sacerdotale, où Notre Seigneur répond à Son Père : « Et désormais je ne suis plus dans le monde, et eux ils sont dans le monde, et moi je viens vers toi. »   (Jean XVII, 11)
Oui, Lorsque le Christ était dans le monde Il a vaincu les illusions de  ce monde, les tentations de ce monde, les raisons de la Chute originelle qui firent que l’homme devint dépendant du monde, et cette victoire,  lors des trois tentatives de tentation au Désert. J+C  est vainqueur du monde de la Chute, mais pour autant le monde n’est pas encore sauvé, hormis l’homme…
De surcroît, il échet de bien dissocier le monde et la Nature. Saint Augustin précise commentant en l’Apôtre en I Cor. 7 : « Car la figure de ce monde passe », ce Père déclare  donc : «C’est donc la figure du monde qui passe, et non sa nature.»
Irénée la confirme cette différence entre la Nature et le monde : « la figure de ce monde passera », c'est-à-dire les choses en lesquelles la transgression a eu lieu. »  (Contre LES  hérés. V, Ch. 3)
Si l’homme est déjà sauvé par le Christ, il lui reste à se réconcilier avec Son Créateur,  la Nature bénéficiera  alors elle aussi de la rédemption, car il est un  lien étroit entre l’homme et la Nature. Pour toute la Tradition Patristique, « La transmutation de la nature vers la perversité, la corruption et la mort, c’est la condamnation du péché volontaire d’Adam. »,  ainsi que le rappelle Maxime le Confesseur (Traité du mal VII, Le mystère du Salut, Ed du soleil levant, Page 94)
Cette relation dans la Chute, unit dans un même destin  la rédemption de la  nature à savoir la Création de Dieu et la réconciliation  de l’homme avec Son Créateur.  Jean Chrysostome  en son Homélie XIV relatif à l’épître aux Romains déclare à propos de la Création qu’elle « Sera aussi affranchie de la servitude de la corruption» : c'est-à-dire ne sera plus corruptible, mais participera à la beauté de votre corps. Car, comme elle est devenue corruptible, dès que vous l'avez été vous-même ; ainsi, dès que vous serez incorruptible, elle vous accompagnera  elle vous suivra : c'est ce que l'apôtre indique par ces mots : « Pour passer à la liberté de la gloire des enfants de Dieu». Est-il nécessaire de rappeler Romains VIII, 18-24, objet de la présente homélie ?
Attendu que le devenir de la Nature dépend de la réconciliation de l’homme avec Dieu, deux  voies complémentaires sont offertes :
-         L’exorcisme du cosmos si j’ose dire, devenu empire de Satan
-         La prière et les bonnes actions, en l’espèce suivre la Voie de l’Evangile.

220  L’Apôtre Jean le rappelle : « le monde entier est sous la puissance du malin. »  (I Jean V, 19), le Christ ne conteste pas à  celui qui tente de le tenter au Désert, qu’il est le Prince de ce monde, lors de la troisième tentative de tentation,  d’ailleurs ne dit-Il pas, en fait à tous les hommes : « le prince de ce monde vient. Certes, il n'a en moi aucune prise. »  (Jean XIV, 30).
Cette conscience d’une présence démoniaque dans le monde  est pleinement  ressentie par la Tradition Byzantine  un exorcisme que l’Eglise Byzantine pratique le jour de l’Epiphanie.
Qu’il me soit permis avant d’aller plus outre,  d’évoquer ce rappel de PELADAN quant au sens de ce jour particulier : « La venue des mages, c’est l’abdication des ésotérismes devant l’Incarnation de la Vérité. »  (Introd.  aux Sc. Occultes)
Pour la Tradition Byzantine, (certes personnellement j’aurais ajouté le Désert), l’eau est considérée comme le refuge du Démon, d’où la Grande Bénédiction des Eaux,  dot j’extrais un élément de cette liturgie : « … Depuis que le Fils de Dieu a pris chair humaine et est apparu dans le monde, Se manifestant en Son Baptême dans le Jourdain, toute chair et toute matière est sanctifiée. Tout est rendu pur et saint en Lui. Tout ce qui est corrompu et pollué par les œuvres pécheresses des hommes est nettoyé et purifié par les œuvres miséricordieuses de Dieu. Toutes les puissances mortifères du démon qui empoisonnent le monde bon de la Création de Dieu sont détruites. Toutes choses sont renouvelées. Par "l'élément primordial" de l'eau en la fête de l'Épiphanie, la Création toute entière apprend à être sanctifiée par le Verbe de Dieu à travers ce même Esprit de Dieu qui "dans le principe soufflait à la surface des eaux" (Gen. 1,2). » (http://stmaterne.blogspot.fr/2007/01/la-grande-bndiction-des-eaux.html)
C’est dans le cadre liturgique des bénédictions très nombreuses, et au premier chef dans les sacrements comme le Baptême par la renonciation à Satan que s’accomplit l’expulsion  des forces du mal, amenant le baptisé à ne plus dépendre du prince de ce monde, pour participer à la glorieuse liberté des enfants de Dieu.
L’Apôtre nous le rappelle : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. » (I Jean, V, 19)
221 Il revient à l’homme d’agir pour le monde, car cela n’appartient pas aux motifs de l’Incarnation de NSJ+C qui répond à Son Père en cette nuit de Gethsémani : « Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m'as donnés, parce qu'ils sont à toi. » (Jean XVII, 9)
Oui, il appartient, et il revient à l’homme d’agir pour le monde, ce devenir de la Création dépend de l’homme qui peut restaurer la Nature dans sa condition originelle, dès lors que comme le rappelle l’Apôtre : « Puisque tout cela doit ainsi se dissoudre, quels hommes devez-vous être ! Quelle sainteté de vie ! Quel respect de Dieu !  Vous qui attendez et qui hâtez la venue du jour de Dieu, jour où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront . »  (II Pierre, III, 11, 12)

L’homme par ses bonnes actions et par ses prières peut hâter l’avènement du Jour de Dieu.
Ainsi comprenons-nous  cette affirmation de l’Apôtre : « Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul. »  (Matthieu XIV, 36)

Mes Bien Aimés Frères,
L’homme a un Devoir, celui d’agir envers la Création qu’il entraînait dans sa chute, mais aussi, d’amener ceux qui humains ou d’un autre état voire angélique, provisoirement refuseraient  de croire à la Grace, par fausse humilité manifestation de  l’orgueil, ou par méconnaissance de l’Amour Divin,
Par la Prière et les bonnes actions, par la Charité et l’Amour du prochain, toute la Création reviendra à Dieu et comme j’aime à rappeler cette parole d’un saint moine de l’Athos :  : « Quand le Seigneur t'aura sauvé avec toute la multitude de tes frères, et quand il ne res­terait qu'un seul des ennemis du Christ et de l'Eglise dans les ténèbres extérieures, ne te mettras-tu pas avec tous les autres à implorer le Seigneur afin que soit sauvé cet unique frère non repenti ? Si tu ne le supplies pas jour et nuit, alors ton cœur est de fer, — mais on n'a pas besoin de fer au paradis. »  (RP Alexandre TURINCEV : L'Eschatologie Orthodoxe Revue CONTACTS N° 54,  1966, page 103).

J’ai dit.